Quelle place pour la parole noire ?

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Djamila Ribeiro / Crédit : Julia Rodrigues


Parler au nom de. Parler pour. Parler à partir de. Parler tout court…Petit aperçu critique d’un essai intitulé
La place de la parole noire écrit par l’auteure brésilienne Djamila Ribeiro. La philosophe et militante explore depuis son point de vue de femme noire brésilienne, les singularités du mouvement féministe noir, sa place dans le paysage intellectuel du Brésil et des Caraïbes et sa raison d’être aujourd’hui.

 

Le commencement d’un texte sur l’essai La place de la parole noire (éditions Anacaona) de la maître en philosophie politique, activiste et féministe noire Djamila Ribeiro a cheminé dans mon esprit il y a plusieurs mois et s’est imposé en douceur sur une page blanche. La lecture de cet essai a été attentive et intéressée. Elle a aussi provoqué en moi un drôle de sentiment. Il était mêlé à une certaine gêne, une certaine rage, comme un cri franc. J’y ajouterai aussi un état de fatigue. Pas seulement à cause des inepties et critiques grossières que j’ai pu entendre, lire sur le féminisme noir ou afroféminisme, et formulés par des figures humaines se posant en pourfendeurs de ce qu’ils dénomment « mouvements indigénistes et décolonialistes », mais aussi et surtout en raison du manque de profondeur desdits critiques, de leurs maigres teneurs, de leur ignorance nourrie.

En France, depuis quelques années, les débats sur le féminisme noir, sur les questions de race, de classe, de racisme etc. lancés par des militantes ou militants noirs, des universitaires, des journalistes, philosophes, sociologues, artistes ou autres acteurs et connaisseurs de ces sujets sont de plus en plus médiatisés. Il sont aussi très souvent critiqués, mis à mal de manière assez curieuse. Tout se passe comme si ces personnes ne pouvaient s’exprimer, comme si le seul fait qu’elles puissent parler dérangeait plus que de raison une certaine intelligentsia, habituée quand il s’agit de ces questions encore taboues, au consensus, au silence ou alors à un discours moins direct, moins « rebelle ».
Grâce à internet et le bouillonnement des réseaux sociaux, des blogs, des sites indépendants, les avis et opinions explosent. Surtout, les voix de populations à qui la parole n’a peu ou pas du tout été donnée est désormais entendue. Ces voix prennent de la place, ces voix sont actives et présentes. Je pense à des collectifs de femmes noires notamment qui se sont formées pour avoir leur mot à dire sur ce qu’elles savent du féminisme, des femmes, des relations hommes-femmes (notamment des personnes qu’on dit « issue de la diversité »). Je pense à ces auteures, ces journalistes, ces militantes qui sont insultées, menacées, minorées, car elles défendent leur vision du monde, elles refusent le déni, la fausse bienveillance, une certaine ignorance.

Nous sommes dans une période où les sujets liés au racisme, à l’appropriation culturelle, aux violences de classe et de race sont de plus en plus analysés, abordés sous des angles parfois réducteurs, parfois complexes. Ce sont des thèmes qui dans l’espace médiatique, pas seulement journalistique deviennent du divertissement. Si ces questions sont complexes et que certaines paroles, certains discours prononcés par des femmes et des hommes ayant en tête ces sujets, des femmes et des hommes qui savent de quoi ils parlent ou croient savoir de quoi il est question, il convient de ne pas laisser tomber ces sujets dans la gueule du Grand Divertissement. Car, il n’est pas utile alors de se faire entendre, de créer de la discussion dans un brouhaha fabriqué.

 

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Dans un autre article, j’essaierai de revenir plus précisément et plus personnellement sur ces différentes questions. Qu’est-ce qui aujourd’hui empêche certains hommes et certaines femmes aux expériences différentes de s’exprimer sur des sujets qui les concernent directement ? Comment se fait-il qu’en France, il existe un blocage singulier autour de la question du racisme, de la race ? Quel est donc cette gêne qui s’exprime lorsque nous entendons sur des plateaux télévisés, des chroniqueuses ou chroniqueurs dénoncer d’un ton aigre le « féminisme décolonial » ?  La vision du féminisme que défendent aujourd’hui des femmes impliquées, embarquées dans un travail de pensée n’est pas acceptée. Elle est vilipendé, moquée au nom de « l’universalisme ». De quel universalisme parle t-on ?

Dans La place de la parole noire, Djamila Ribeiro développe entre autres des idées autour du féminisme noir et de son développement au Brésil. L’auteure brésilienne a présenté en présence de son éditrice Paula Anacaona dans plusieurs villes de France son essai ainsi que ses Chroniques sur le féminisme noir, sa vision qui ont été entendus par le public français. Il est curieux que lorsqu’une femme noire, française faisant partie de ce qu’on appelle « l’élite », écrit, traite et argumente sur ces mêmes sujets en France, elle fasse quant à elle l’objet de diatribes, de commentaires assez violents allant au delà de la joute discursive. Est-ce à dire que les problèmes liés au racisme, à la subordination de populations, aux maux les plus moches soient lorsqu’ils proviennent de l’étranger plus acceptés en France ?

 

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Photo by Levi Clancy on Unsplash 

 

Libérer la parole

La quatrième de couverture présente l’auteure brésilienne Djamila Ribeiro comme « la référence du mouvement féministe noir, antiraciste, pro-LGBT et antimachiste au Brésil ». Dans ce court essai, Ribeiro ouvre une brèche, celle de la légitimité de la parole noire en Amérique latine et dans une société brésilienne « à l’héritage esclavocrate ». Pour celle qui est aussi l’auteure de Chroniques sur le féminisme noir (éditions Anacaona), entreprendre l’écriture de La place de la parole noire c’est « contribuer à un débat sain, honnête et de qualité ». L’universitaire éclaire avec précision les spécificités de cette parole qu’elle souhaite décrire ainsi que sa place dans cette nébuleuse qu’est le féminisme noir. Ce mouvement critiqué, souvent au nom d’un certain universel est parcouru dans ce livre sous les angles de « concepts » et de « projets ». Djamila Ribeiro nous invite à penser un autre féminisme, ses problématiques, revendications et réalités. Il s’agit aussi pour la militante de « décoloniser la pensée », de faire entendre les voix de femmes noires intellectuelles peu entendues, voire mises à mal. « Ici, nous parlons en notre nom propre », formule-t-elle dans une courte introduction qui ouvre des perspectives.

 

« Déstabiliser la norme », « restituer des humanités niées »

 

L’invisibilité de la production intellectuelle de femmes noires sur des « histoires de résistances » et de luttes est l’un des nombreux enjeux présents dans La parole noire. Bien avant la période de l’esclavage, les femmes noires ont « lutté pour être des sujets politiques » et ont produit des « discours contre-hégémoniques ». Avec l’évocation du discours Ne suis-je pas une femme ? prononcée en 1851 à la Convention des droits de la femme dans l’Ohio par Sojourner Truth (son vrai nom est Isabella Baumfree) une « abolitionniste, écrivaine et activiste des droits de la femme aux Etats-Unis » qui est « née esclave » dans la ville de Swartekill, à New-York, Djamila Ribeiro apporte un éclairage précieux. Dans ce discours aux tonalités féministes transparaît déjà ce qu’elle présente comme un « dilemme » que « le féminisme hégémonique allait affronter », c’est-à-dire : l’universalisation de la catégorie « Femme ». 

 

« J’ai mis au monde treize enfants, et vu la plupart d’entre eux être vendus comme esclaves, et quand j’ai pleuré avec ma douleur de mère, personne à part Jésus ne m’écoutait ! Et ne suis-pas une femme ? Puis, ils parlent de ce truc dans la tête : comment est-ce qu’ils l’appellent déjà ? (des membres de l’audience lui répondent en chuchotant : “l’intellect”). C’est ça mon cher. Qu’est-ce que ça à avoir avec les droits des femmes ou les droits des Noirs ? Quand bien même mon verre ne ferait qu’un demi, et le tien une pinte, ne serait-ce pas méchant de ne pas me laisser remplir le mien ? »

Sojourner Truth, Ne suis-je pas une femme ?


On a donc affaire à un autre débat nous dit l’écrivaine brésilienne. Cet autre débat «
percevoir les diverses possibilités d’être femme, afin que le féminisme abandonne la structure universelle lorsqu’il parle des femmes et prenne en compte les autres intersections comme la race, l’orientation sexuelle, l’identité de genre » est celui porté par « la troisième vague de féminisme » représentée notamment par la philosophe et féministe américaine Judith Butler, qui en est « l’un des grands noms », explicite l’essai.

Lorsque Djamila Ribeiro invite à « penser le féminisme noir », elle veut faire surgir une prise de conscience, « déstabiliser la norme », « restituer des humanités niées » selon les termes d’une professeure brésilienne, Giovana Xavier, citée dans le texte par l’auteure de La place de la noire. L’exemple de Sojourner Truth révèle bien comment une humanité spécifique a été niée, celle d’une femme noire qui pense. « Les Femmes noires sont les grandes pionnières dans la création de pratiques féministes dès avant la traversée de l’Atlantique », affirme encore Giovana Xavier. Pourquoi ont-elles été invisibilisées ? « La question à formuler est (…): pourquoi ont-elles tant tardé à être entendues ?« , interroge la féministe Djamila Ribeiro. Selon ses recherches, cette invisibilisation est en partie le fruit du « capitalisme patriarcal » et de « la hiérarchisation des savoirs comme produit de la classification raciale de la population ». Cette explication est empruntée à Lélia Gonzalez, penseuse et féministe noire d’Amérique latine. Cette dernière a réfléchi sur « l’épistémologie eurocentriste », qui pose comme supérieure la pensée occidentale blanche. Cette même pensée occidentale blanche qui a fait du racisme la « science de la supériorité euro-chrétienne (blanche et patriarcale) ».

 

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Autres raisons pour lesquelles les « femmes noires et autochtones » sont absentes dans le « féminisme hégémonique » : le peu d’importance accordée aux réalités des luttes auxquelles ont été confrontées les « femmes en pays colonisés », qui induit un partage et une expérience commune de la résistance, le frein d’un langage et d’une langue définit et construit par l’oppresseur, donc aux antipodes d’un langage et d’une langue incluant une autre façon de penser.

Gonzalez plaide ainsi pour la valorisation de la « langue parlée par les peuples noirs africains réduits à l’esclavage au Brésil ». Plus, nous confie Djamila Ribeiro dans son essai, Lélia Gonzalez « critique l’imposition d’une épistémologie universelle qui déconsidère le savoir des accoucheuses, des peuples autochtones, les pratiques médicales des peuples colonisés, l’écriture de soi à la première personne, et qui se constitue comme légitime et dotée de l’autorité pour enregistrer dans le protocole la domination du régime discursif »…
 

La femme noire est « l’autre de l’autre »


Autre problématique qui surgit dans cet essai : la question de l’Autre, de l’identité de l’autre. Qu’est-ce que l’Autre ? Qui est l’Autre ? Communément, nous vient à l’esprit l’idée d’étranger ou d’étrangeté. L’Autre peut-être celui qui n’est pas moi, mon opposé. L’Autre peut être objet et non sujet. En s’appuyant sur les travaux et théories d’autres penseuses noires à l’instar de Patricia Hill Collins, Grada Kilomba ou encore Audre Lorde, Djamila Ribeiro nous éclaire sur le fait que la femme noire est « l’autre de l’autre ». Cette formule n’est pas la sienne. Elle est extraite d’une théorie de l’écrivaine et artiste Grada Kilomba.

« Kilomba sophistique l’analyse sur la catégorie de l’Autre quand elle affirme que les femmes noires, parce qu’elles ne sont ni blanches ni hommes, occupent une place très différente dans la société suprémaciste blanche, car elles sont une espèce de double carence, l’antithèse de la blanchité et de la masculinité ». Ce passage me paraît plus qu’important car il met le doigt sur des complexités que peu d’intellectuels hommes ou femmes (blancs) mettent en exergue lorsqu’ils pulvérisent l’idée d’un féminisme propre à une communauté si je puis le dire ainsi. Ce passage révèle ce qui dans le féminisme universel, ou « féminisme hégémonique », est limité. Ce passage aborde la particularité de la place ou position de la femme noire dans la société. Djamila Ribeiro, qui est aussi universitaire, rappelons-le fait un parallèle entre le concept de l’Autre chez la philosophe Simone de Beauvoir et celui débattu par l’écrivaine Grada Kilomba. « Si pour Simone de Beauvoir, la femme est l’Autre car elle n’a pas la réciprocité du regard de l’homme, pour Grada Kilomba, la femme noire est l’Autre de l’autre ».

 

« Les femmes noires ont ainsi été placées dans divers discours qui altèrent notre propre réalité : un débat sur le racisme où le sujet est l’homme noir ; un discours genré où le sujet est la femme blanche ; et un discours sur la classe où la « race » n’a aucune place. Nous occupons une place très critique, en théorie. Et c’est à cause de ce manque idéologique, argumente Heidi Safia Mirza (1997) que les femmes noires habitent un espace vide, un espace qui chevauche les marges de la « race » et du genre, ce que l’on peut appeler un « troisième espace. »

Grada Kilomba

 

Quelles sont les conséquences pour la femme noire d’être « l’autre de l’autre » ? L’essai insiste sur le fait que cette position confère à la femme noire une place « subalterne ». Mais elle est aussi un moyen pour celle que Zora Neale Hurston qualifie de « mule du monde » dans Their Eyes were watching God, d’utiliser cette place « marginale » pour « s’auto-définir ». Ribeiro cite le concept de « outsider within » formulé par Patricia Hill Collins. « Pour Collins, la femme noire au sein du mouvement féministe occupe cette place « d’étrangère en dedans », car elle est féministe et revendique la place de la femme noire comme sujet politique, mais en même temps c’est une « en dehors » par la façon dont elle est vue et traitée au sein du propre mouvement »…

L’essai met aussi en lumière sur ce sujet les pensées de la philosophe et militante noire brésilienne, Sueli Carneiro. Cette dernière interroge le mythe caché derrière le mot « femme ». Elle questionne la catégorie femme noire et montre que cette classification existe bel et bien car dans l’Histoire la femme noire et la femme blanche n’ont pas joué le même rôle. Plus, l’imagination qu’on se fait de la femme noire et de la femme blanche ne peut être identique car les « conditions historiques », qui les ont quelque part fabriquées, modelées, interprétées sont loin d’être semblables, bien au contraire. La citation ci-dessous est plus que parlante pour comprendre son propos.

 

« Quand nous parlons du mythe de la fragilité féminine, qui a historiquement justifié la protection paternaliste des hommes sur les femmes, de quelles femmes parlons-nous ?
Nous femmes noires faisons partie d’un contingent de femmes, probablement majoritaire, qui n’ont jamais reconnu en elles-mêmes ce mythe, car nous n’avons jamais été traitées comme fragiles. Nous faisons partie d’un contingent de femmes qui ont travaillé pendant des siècles comme esclaves dans les champs ou dans les rues, comme vendeuses ambulantes, cuisinières, prostituées… Des femmes qui n’ont rien compris quand les féministes ont dit que les femmes devaient descendre dans la rue et travailler. Nous faisons partie d’un contingent de femmes avec une identité d’objets. Hier, au service de fragiles maîtresses et de maîtres de plantation pervers ».

Sueli Carneiro

 

 

Positionnement social ou « feminism standpoint »

« Qu’est-ce que la place de la parole ? » est le titre du dernier chapitre du livre de Djamila Ribeiro. Le lecteur prend connaissance des multiples définitions données à un concept qui a surgi et été défini entre autres autour du débat sur le « feminism standpoint », c’est-à-dire, le féminisme du point de vue. Patricia Hill Collins qui a déjà été évoquée plus haut, est nous dit Ribeiro « l’une des principales auteures de ce que l’on appelle le feminist standpoint », discuté dans les années 1990.

Ce concept s’attache à mettre en lumière les expériences historiques, sociales partagées par un groupe. Il s’agit de se focaliser sur la diversité des expériences d’hommes et de femmes en prenant en compte leur « localisation dans les relations de pouvoir » ainsi que les nombreuses intersections qui par conséquent entrent en jeu. À savoir : « les catégories de race, de genre, de classe et de sexualité ». Ce sont ces éléments qui sont le socle de la « structure sociale » et d’où émergent des inégalités. Djamila Ribeiro nous explique qu’elle veut expliciter et tenter de faire comprendre le concept de la place de la parole à partir du féminisme de point de vue. C’est-à-dire en insistant sur l’expérience de groupes vus non pas comme une « accumulation d’individus » mais toujours selon Collins qu’elle cite, comme intégré à l’intérieur de « conditions sociales qui permettent ou non à ces groupes d’accéder aux lieux de citoyenneté ».

 

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Questionner la place occupée par ces groupes et leurs expériences communes au sein de la société est donc primordiale pour saisir ce que Djamila Ribeiro entend par la place de la parole. « Il s’agit d’un débat structurel », précise-t-elle. Il s’agit de « réfléchir de façon structurelle sur la place sociale ». Qu’y a-t-il donc en jeu derrière l’expression place de la parole ? « La place sociale n’implique pas une conscience discursive sur cette place. Cependant, la place que nous occupons socialement nous fait avoir des expériences et des perspectives distinctes. La théorie du féminisme de positionnement et de la place de la parole nous fait réfuter une vision universelle de la femme et de la négritude, et d’autres identités ».

Dans chaque corps se trouve une humanité

 

Qui est autorisé à parler ? Qui peut parler ? Quelles sont les places de la parole de groupes opprimés ? Toutes ces questions abondent dans l’essai de Ribeiro. Car la réflexion globale qui émane de ce texte documenté est de révéler les nombreuses entraves à la parole, donc à exister, à être hors de soi. Le silence imposé dans l’Histoire coloniale aux groupes opprimés est mis en parallèle avec les possibilités de parler dans une société « suprémaciste blanche et patriarcale ».

Djamila Ribeiro soulève plusieurs problèmes : « Dans une société suprémaciste blanche et patriarcale, les femmes blanches, les femmes noires, les hommes noirs, les transsexuels, les lesbiennes, les gays, peuvent-ils parler de la même façon que les hommes blancs cisgenre hétérosexuels ? Existe-t-il le même espace et la même légitimité ? Lorsqu’il existe un espace de parole pour une travestie noire par exemple, lui est-il permis de parler d’économie, d’astrophysique, ou lui est-il seulement permis de parler des thèmes liés à sa condition de travestie noire ? ».


Vidéo :
Racisme et sexisme dans le Brésil de Bolsonaro : débat avec Djamila Ribeiro

D’où parlons-nous ? Car, nous parlons tous de quelque lieu, de quelque système de pensée, d’une quelconque géographie mentale, d’un imaginaire dont on hérite. La place où s’élève une voix est déterminante, déterminée. Djamila Ribeiro l’affirme : « nous avons tous une place de la parole ». Pour la militante, il faut que les récits de celles et ceux qui parlent à une place singulière soient rendues visibles, fassent l’objet de débats, de réflexions. L’essai laisse émerger quelques idées pour inventer des projets, de nouvelles manières d’imposer sa voix lorsqu’on est une femme noire, de penser comment faire autrement acte de parole et donc d’exister dans un corps doué d’humanité.

 

Yslande Bossé 

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