nouvelles d’un non-rêve


Décor d’une politique de l’accueil. Une avenue qui porte le nom d’un ancien président américain. Des observateurs et des observés. La visite n’a pas tourné au vinaigre.

Grise balade sur le sol intraveineux d’une avenue qui sent l’inanité des matins désertés remue-ménages des engins sur l’asphalte. Le bruit des klaxons réveille l’air égaré dans cette bulle de mauvaise herbe humaine qui empiète sur les espoirs du ciel
Petits campements verts et rosâtres, jeu du silence à l’approche de jambes importantes Qui traversent cet espace tels des yeux volants non apprivoisés de leurs couleurs quotidiennes.

Pas là pour entendre les putains pleines de l’exil. On s’approche, on observe, on immortalise furtivement ces silhouettes bleutés qui se laissent deviner sans crainte Zombie tu es, zombie tu resteras… zombie tu es, zombie tu resteras… zombie tu. Non
On passe et repasse parfois pour vérifier s’ils le sont vraiment
On opère de manière empirique par ici, les données observées valent plus que toutes les bonnes âmes réunies et l’estimation n’a aucun souci à se faire. Parole d’un expert qui passe son temps à compter et à déduire
Combien sont-ils bon sang. L’efficacité sans-honte opère à l’abri du jugement

Corps obèse du périphérique à l’horizon Ourang-outan malade d’avoir englouti tant de déplacés sous cette graisse de pierres mouillées
Rien qu’une pluie froide, inapaisante pour faire suffoquer
Groupe de jambes importantes devant un cimetière. Je me demande à qui la nuit porte vraiment conseil et si les doigts de l’aube n’ont pas viré au violet aujourd’hui
Combien sont-ils bon sang à réfléchir sur le sort de ces corps indésirables. Il faut décider d’une suite car qui ne sait que la fin l’emporte toujours ?

Au commencement, ils étaient plus qu’on ne pouvait empiriquement estimer à cette Porte où menace des colonisés du crack. A l’autre Porte ils pullulent par centaine ils dégainent leurs valises invisibles et s’installent sur le tapis rouge de cette terre nord-parisienne. Au moment où il faut ventiler les lieux, le petit jour opère à l’ombre

On cherche des solutions devant ce cimetière puis on y entre pour voir si la cohabitation entre nos morts et ces pauvres campeurs peut être possible le temps d’un bon repas. Je saute un passage pour (dé) s’-entraver ma mémoire

J’arrive à l’allée des abeilles et sort enfin du territoire à grise mine où surgit une femme noire qui débute le numéro du demandeur
Elle sautille comme si elle avait une envie pressante et explique qu’elle a besoin de manger car elle a faim. Ses yeux brillent
Regards détournés du groupe et les jambes importantes changent de cadence
Quelqu’un l’a reconnu
Son sourire de gros bonhomme dit qu’il connaît déjà le tour de passe-passe. Une personne à mes côtés confirme que oui que c’est un habitué et qu’il est missionné pour venir en aide aux sans-maisons et aux sans-riens

Je n’irai pas au bout de l’allée qui mène à une autre Porte, à un endroit où les jambes importantes croiseront de nouveaux chiffres sous ces décombres de tentes. Mon demi-tour dans l’air poudreux ressemble à un mauvais pas de danse, à une tentative ratée de braver l’autre cours de ma journée

Souvenir échappé : « L ‘aventure de toutes les migrations naît du rêve » JCC

YB.

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