Requiem d’exilés : le sort des boat-people haïtiens aux Etats-Unis

Barque plage

©Yslande Bossé

de si jolies petites plages ou deux années d’enquête du journaliste Jean-Claude Charles sur les illusions et désillusions d’haïtiens «candidats» à l’exil. 

Virginia Woolf a écrit : « Les mots ne vivent pas dans les dictionnaires, ils vivent dans l’esprit ».

Les mots lus dans un livre ou dans les journaux, ceux attrapés au vol, placardés sur des affiches dans les gares ou bien encore, ceux  inscrits sur des enseignes , des écriteaux , des étiquettes, des notices, des écrans … Tous ont un pouvoir suggestif pour qui les lit. Quel est-il ce pouvoir sinon celui de faire ressentir et penser, d’épingler notre imaginaire ?

 de si jolies petites plages est le titre du livre de Jean-Claude Charles, publié pour la première fois en 1982, aux éditions Stock. A quoi vous fait donc penser ces mots choisis pour illustrer les plus de deux cent trente pages de cette œuvre ? Irrémédiablement, s’impose à notre esprit des images de plages, de kilomètres de sable blanc, de vagues éblouies par un soleil radieux  ou de vacanciers profitant des bienfaits de la mer (couleur bleu azur !).  Tout un tas d’images idylliques en somme, dignes de paysages rêvés, anciennement ceux de cartes postales et désormais regardés à souhait sur Google images. Tentez l’expérience, tapez « de si jolies petites plages » dans votre navigateur internet et vous en tirerez la même conclusion, assez simple : la plage c’est le paradis.

Mais les mots, de même que les images peuvent tromper… Pour l’auteur de Mrs Dalloway, les mots possèdent une «qualité positive, à savoir leur faculté à dire la vérité »,  ils « opèrent indépendamment de la volonté de l’écrivain et souvent en s’opposant à elle ». La plage c’est le paradis, n’est bien entendu pas la « vérité » que Jean-Claude Charles cherche à nous livrer dans cet essai. Le journaliste nous dévoile les résultats d’une enquête sur les boat-people haïtiens, qui au début des années 1970, quittent volontairement leur patrie en quête d’une vie meilleure dans le pays de la Liberté.
De leur arrivée sur les îles limitrophes d’Haïti ou sur les plages de l’Etat de Floride, de leurs noyades et de leur enfermement dans des camps, de la violence de leur détention illégale ou de leur combat pour une reconnaissance de leur statut de
«  réfugiés » , en passant par l’enfer kafkaïen de l’administration américaine, l’enquête de Jean-Claude Charles n’omet aucun détails et peut provoquer des haut-le-cœur.

Les voix des exilés haïtiens, des fonctionnaires de l’Etat américain côtoient celle de l’écrivain-journaliste et ce, sans encombre ou presque.  Les faits et rien que les faits ? Jean-Claude Charles le journaliste, s’efforce d’aller au plus près de la vérité. Son travail est exhaustif :  dates, heures, lieux, noms , « Quoi »  « Comment » et « Pourquoi » sont passés à la loupe par le reporter. La voix de l’écrivain se fait ténue.  Devant les vérités intolérables que ce dernier expose, sa plume crache un venin impitoyable,  mélange de mélancolie, rage et désespoir qu’est le blues. Faire preuve de lucidité, ce n’est en aucun cas, faire preuve de froideur ou être raisonnable. La lucidité rend clair ce qui paraît obscur à l’esprit, elle est ce moment de clairvoyance, d’honnêteté face à la laideur et la crasse qui accompagnent parfois les actes humains. Celle de Charles est une note de blues que son écriture trimballe, comme pour nous dire que ses livres ne sont pas seulement des livres, que ses mots ne sont pas uniquement des mots, mais des faits, de la chair et des os,  des vies d’hommes et de femmes qui commencent ou qui finissent pour les plus malchanceux d’entre eux, sur de si jolies petites plages…

Plage

©Yslande Bossé

Sonate pour sourds

« L’exode des Haïtiens, ça n’intéresse personne. Depuis la fin des années cinquante, ils prennent la mer au péril de leur vie : ça n’intéresse personne ». C’est l’amer constat que Jean-Claude Charles dresse au début de son livre. La déception de l’ancien journaliste à Libération qui a enquêté scrupuleusement sur le sort des boat-people haïtiens entre le 18 mars 1980 et 17 août 1982,  est palpable et se mêle à la voix ironique de l’écrivain, dont les mots, «griffonnés la rage au cœur » sont un cri.

« je crois en la musique du monde où chaque individu pousse sa propre note, ne serait-ce qu’un couac »

L’exode des boat-people haïtiens vers les États-Unis débute le 12 décembre 1972, mais la vague d’émigration d’exilés haïtiens commence elle, bien avant. Au début des années 1920, les braceros haïtiens c’est-à-dire les coupeurs de canne à sucre, quittent leur île, direction la République Dominicaine et Cuba. A partir des années soixante, ce sont des cadres, des hommes d’église, des artisans et des ouvriers, fuyant la dictature de François Duvalier, dit Papa Doc, qui découvrent l’Amérique. En 1971, l’investiture de Duvalier fils, dit Baby Doc, qui en digne successeur de son père règne en dictateur, force cette fois-ci une masse de paysans haïtiens a quitté sa terre. Cet historique de l’émigration haïtienne permet de comprendre pourquoi des villes comme New-York ou Miami, sont des noyaux de la diaspora aujourd’hui. Miami est surnommée Little Haïti et à New-York, on peut lire dans le métro de Brooklyn les indications de trajets à destination des touristes, en créole haïtien. Ce qui semble pour le moins incongru, Charles emploie le terme «  unique », est la situation même des boat-people, qui en 1972, fuit «vers une Amérique qui soutient le régime qui les fait fuir ».

Gros plan statue de la liberté plus pigeon

©Athena M-Liveloop_travels

« L’aventure de toutes les migrations naît du rêve » 

Quitter la terre qui nous a vu naître pour le seul plaisir de changer d’air, de découvrir des contrées inconnues, de voyager, n’est pas un exil.  Quelle qu’en soit sa nature, l’exil relève foncièrement de la blessure,  de la déchirure avouée ou désavouée. A bien y penser, il n’y a pas dix mille raisons qui conduisent une personne à s’exiler. L’insécurité et la misère en sont les causes les plus populaires. Dans le cas des boat-people haïtiens, l’exil a bien été une aventure ardue, un choix ou une fuite délibérée non sans conséquences. Pour ces « candidats à l’émigration », le rêve est une sorte de consolation.

Au début des années 1970,  l’exilé haïtien  croit dur comme fer à ce fameux mythe du rêve américain (d’ailleurs il n’est pas le seul), et n’hésite pas à se raconter des histoires incroyables pour se donner du courage avant  de s’engager sur l’océan atlantique à bord d’un bateau de fortune. L’Amérique est « tapissée de billets de banque, il suffit de se baisser, my friend ». Les illusions font partie prenante du rêve, elles sont un élixir efficace contre la peur et la détresse. Ces exilés n’ont-ils  pas en tête les dires racontés à propos des bateaux qui chavirent ? Des «noyades spectaculaires» en mer ? Quand risquer sa vie ne représente même plus un risque, on peut présumer que la machine du rêve est bien en marche.

« Il faudrait rassembler les rêves des exilés ».

Jean-Claude Charles sait très bien de quoi il parle. Son exil,  «Je suis né à Port-au-Prince en 1949, j’ai fui à Guadalajara un matin du mois d’août de l’année 1970, je ne suis jamais retourné dans mon pays », il le porte tel un sac à dos, à l’intérieur duquel de temps à autre, il fouille pour y retrouver des bribes de son histoire. A l’année de publication de son enquête, en 1982, l’auteur n’a pas remis les pieds sur le sol haïtien. Haiti hante ses rêves qui ne sont pas toujours roses. On touche ici à  l’un des aspects les plus intéressants de cette enquête. de si jolies petites plages est véritablement un ovni littéraire. Cette œuvre hybride, tour à tour essai ; reportage journalistique ; poésie et journal intime est la signature d’un écrivain exilé racontant l’exil de ses compatriotes et qui par là même se rapproche de l’île-mère. « Taraudé par la terre de mon enfance, mais homme d’écriture et de plusieurs cultures, je n’ai pas d’autre patrie que les mots ». On songe ici à Mahmoud Darwich, écrivain palestinien, chantre de son propre exil.

Entendre la parole des exilés, les nommer, les imaginer, raconter leurs espoirs, leurs histoires et  rêves pris en otage, telle est la mission que Jean-Claude Charles assigne aux mots. Raconter dès le commencement, expliquer et tenter de faire connaître «un espace et un exil mal connus».

 

 

L’avis de l’opinion américaine sur les boat-people haïtiens se réduisait alors à des images aperçues à la télévision, images de corps  noyés sur les plages de stations balnéaires comme Fort-Lauderdale ou de corps campés attendant l’aide du pays de l’Oncle Sam. La visibilité médiatique de l’exode des haïtiens a toutefois mis du temps à émerger. Jean-Claude Charles met en perspective l’exode des Cubains qui «  ont vu l’opinion plus vite alertée sur leur cas » ; et s’interroge sur le silence des journaux, de la radio et de la télévision sur le cas des exilés haïtiens. Et que dire de l’intelligentsia américaine ? L’écrivain s’étonne du «  lourd silence » de celle dernière face «  à la répression contre les réfugiés ».  Comment pourrait-il en être autrement ? La figure de l’intellectuel a toujours été associée à cette image de l’avocat des libertés à la plume cinglante contre toutes les injustices. Charles nous parle uniquement ici d’un intellectuel haitien, exilé aux Etats-Unis. « Jean-Claude Exulien qui consacre son temps à alphabétiser les exilés ».

Il y a aussi le prêtre charismatique de Little Haïti, le Père Gérard Jean-Juste, faisant les gros titres dans les médias américains, une fois l’opinion américaine alertée sur la situation des boat-people. Le portrait dressé du Père Jean-Juste est élogieux et fait penser aux pasteurs aperçus dans des films ou séries américaines. Engagé, coqueluche des médias, jeune et optimiste le «  curé comme en produit l’Amérique latine » est comparé à Martin Luther King. Tout comme l’auteur du célèbre discours I have a dream, le Père Jean-Juste se veut «apôtre de la résistance passive». Les luttes non violentes sont son credo et c’est ce qu’il enseigne aux membres de la communauté haïtienne venus manifester leur soutien à leurs frères détenus au camp de Krome, situé dans le sud Ouest de Miami, non loin du parc National des Everglades. Jean-Claude Charles ne donne pas la parole à la communauté noire américaine dans son enquête, mais en fait allusion à travers le témoignage du prêtre Jean-Juste.

« Nous autres Noirs américains sommes profondément choqués par les injustices dont sont victimes nos frères et sœurs haïtiens » ou encore «If you’re white, its O.K. If you’re brown, stick around. If you’re black, get back. (Si vous êtes blancs ça va. Si vous êtes métis, restez sur les bords. Si vous êtes noir, retournez chez vous) ».  

Les témoignages de ce genre, venus de Washington, ont afflué dans le bureau de l’homme d’Eglise, au Centre des réfugiés haïtiens durant l’année 1981, année noire où la détention temporaire des haïtiens dans des camps, devient permanente à partir du mois de juin. Le racisme subit par les noirs américains dans les années 1970 est de la même teneur que celui vécu par les exilés haïtiens. L’Amérique a déjà affaire avec ses Noirs  » intérieurs », comment en accepter davantage ? Les clichés et préjugés racistes allaient bon train. L’exilé haïtien est porteur de maladies contagieuses, l’exilé haïtien est violent. Enfin, l’exilé haïtien est un noir et un exilé noir, économiquement, est-ce que ça rapporte ? (L’Amérique a la mémoire courte, elle qui a été édifiée par des siècles d’esclavage).

« Le passé n’est que prologue » a dit William Shakespeare. En 2018, la même argumentation est utilisée par le président américain en personne, pour expliquer sa politique en matière d’immigration… Sauf si vous vivez dans une grotte, vous n’avez pas pu passer à côté des «  shitholes countries » de Donald Trump ou de son avis sur l’immigration d’haïtiens aux Etats-unis : «Why do we need more Haitians ? Take them out». Welcome to America…

American Flag

©Athena M-Liveloop_travels

 La Démesure des notes

Les Haitiens «  ne représentent que 1,5 pour cent du flux des immigrants illégaux et se retrouvent enfermés dans des camps et des prisons ». Il faut rappeler qu’au début des années 1970, les Etats-Unis sont encore en pleine guerre du Vietnam et que l’afflux d’immigrés vietnamiens se fait sentir. Ce n’est qu’en juin 1980, que les immigrés haïtiens obtiennent enfin un statut  qui leur permet de séjourner provisoirement aux États-Unis, d’y travailler et de bénéficier de l’aide sociale. La mise en application du «  Cuban Haitian Entrant Status » a profité par défaut aux haïtiens, durant l’exode important de Cubains au début des années 1980. Il n’était pas question alors pour l’administration américaine de mettre en place deux statuts différents c’est-à-dire un pour les haïtiens et un autre pour les cubains.

«Les Haïtiens sont ainsi traités parce qu’ils sont Noirs » ; « Mais en fait, les Cubains, sont, étaient beaucoup mieux traités que les Haïtiens »

Jean-Claude Charles donne la parole à un fonctionnaire d’Etat américain, Larry Mahoney, nommé en 1980, porte-parole du gouvernement pour le camp de Krome. Le témoignage est d’autant plus prenant, qu’à la date de l’interview entre le journaliste et l’ancien fonctionnaire (le 11 février 1982), ce dernier a démissionné de son poste. Pourquoi ? Larry Mahoney met en cause le durcissement de la politique de l’administration Reagan envers les exilés haïtiens et la mission plutôt ingrate qui lui était dévouée : « Mon travail consistait à faire visiter le camp par des journalistes du monde entier […] Je commençais par présenter des excuses pour les conditions du camp, parce que je ne pouvais rien faire d’autre ».

La première raison évoquée par Mahoney  est d’une part, la richesse de la communauté cubaine,  à même d’aider économiquement ses frères cubains,  contrairement  à la communauté haïtienne, plus petite, et plus pauvre. La seconde raison concerne la « race des Haïtiens », dont l’intégration dans le camp de Fort Allen à Porto-Rico a été difficile et longue, comparée à celle des Cubains, qui fut plus courte. Ce fonctionnaire, connaisseur d’Haïti pour y avoir voyagé durant de nombreuses années, n’hésite pas à nommer le camp de Krome  « camp de concentration » bien que la qualification le dérange. L’image des camps, qui irrévocablement fait référence à la Shoah, est très forte. Jean-Claude Charles lui-même qualifie les Haïtiens de l’étranger de «Juifs des temps modernes». Symbole ? Exagération ?  La communauté de destin du peuple juif et du peuple haïtien, de par leur Histoire, l’importance de leur diaspora à travers le monde a été mise en avant par des historiens et écrivains. D’aucuns rappellent aussi un  pan méconnu de l’Histoire haïtienne, à savoir l’accueil et la naturalisation, par la première république noire au monde, de juifs d’Europe persécutés. L’écrivain Louis Philippe D’Alembert a récemment écrit un livre sur le sujet, Avant que les ombres s’effacent. Jean-Claude Charles fait plus mention  de l’éparpillement des haïtiens, et les rêves pour certains d’entre eux, d’une « Terre promise où pourraient se réunir tous les Haïtiens à l’étranger ». L’exil des haïtiens est d’ailleurs encore d’actualité. Les Etats-Unis et le Canada restent les principales terres d’exils mais des pays de l’Amérique du Sud comme le Chili, le Brésil ou la Colombie, accueillent aujourd’hui de plus en plus d’haïtiens, et notamment de jeunes diplômés.

 

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Commençons par le commencement. Quelques questions simples. Comment expliquer que des réfugiés, des demandeurs d’un asile politique (soyons encore plus précis ), des personnes persécutées dont la vie est menacée dans leur patrie et qui cherchent un refuge à l’étranger, soient enfermées en prison ? Ne parle-t-on pas d’un droit d’asile ? Mais alors, ce droit ne devrait-il pas être commis d’office, en tant que droit ? A questions naïves, réponses ironiques. Le droit d’asile désigne, en son sens le plus général, un lieu de refuge, où  il est possible de se soustraire d’un danger. Par extension, le mot asile fait aussi référence à un asile de … «  fous » et donc un lieu de confinement et d’internement. Et pour finir, le droit de l’asile est régi selon des règles précises et compliquées dans chaque pays…

L’ironie de l’histoire numéro 1, c’est que des exilés haïtiens ont vraisemblablement perdus leur tête à force de rester enfermer dans des camps, «  à Krome, un interné à bout s’est emparé d’un marteau et s’est mis à tout casser » ou encore « Il y avait déjà des signes. Fin juin plus de vingt-neuf tentatives de suicide en dix semaines ». Mais encore ? « Les Haïtiens détiennent le triste record de la fréquentation du service psychiatrique de l’hôpital de King’s County, m’assure un prêtre implanté dans la communauté de Brooklyn ».  L’ironie de l’histoire numéro 2 est une vérité générale.  Le droit est une notion juridique, un principe abstrait dans la mesure où on a le droit en théorie… L’ironie de l’histoire numéro 3 est des plus américaine ! Le juge américain ayant déclaré, en juillet 1980, anticonstitutionnel le comportement de l’I.N.S (Administration américaine chargée de l’Immigration) vis-à-vis des haïtiens, qui a aussi confirmé «  enquête à l’appui le caractère répressif du régime des Duvalier », et qui enfin, à mis en garde «  contre la discrimination exercée envers le seul groupe noir de réfugiés politiques aux Etats-unis » est… blanc, républicain et se nomme King ! Welcome to America again.

« L’Amérique tient avec ses chars et ses fanfares et le sentiment que décidément cette société est la meilleure que cette civilisation est immortelle qu’il n’existe qu’une seule Histoire celle du capitalisme sans commencement ni fin.»

L’enquête de l’auteur de Manhattan Blues est fascinante de par cette juste analyse de  l’Amérique. « l’Amérique est un pays passionnant » note t-il.  Présenter l’envers du décor, l’autre côté du miroir est aussi son but. L’ Amérique vue de l’intérieur et pétrie de contradictions, qui se rêve et qui est rêvée, une Amérique en fin de compte capable du pire comme du meilleur;  est un point central de ce récit sur les boat-people haïtiens.

de si jolies petites plages possède la structure d’un opéra. Trois actes majeures, assez classique : début, milieu et fin.  Division du livre en onze chapitres, eux-mêmes subdivisés de telle sorte que le lecteur puisse prendre son souffle, haleter, réfléchir, se questionner, s’émouvoir… La partition jouée par Charles fonctionne comme un appel d’air, comme si cette enquête se devait coûte que coûte d’être écrite. Raconter l’exil n’est pas de tout répit. Oublier ses images navrantes non plus. La fin de l’enquête laisse transparaître le tourment profond de l’auteur, « Haïti qui affectionne tant les records, aspire-t-elle à devenir capitale de la douleur ? «Et si le blues était sans fin ?» Ces questions peuvent tarauder encore aujourd’hui. L’exil reste une histoire très actuelle pour bon nombre d’haïtiens. 

 

 Guileinne Bossé. 

 

 

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